La Course

La Course

Une légère brise berce
Cette hivernale soirée.
Le lac lèche
Et caresse,
Avec volupté,
Le sable de grès,
Fusion de jais et de gris,
Éternels amants
Bénis
Par un ciel d’encre.
Scintillants dans l’obscurité,
Des canetons flottent
Emportés par les flots
Aux violets reflets.
Un pont se dresse,
Et la Sorge s’y déverse
Avec langueur,
Accompagnée
D’un cortège d’ombres dansantes.
De grands arbres effeuillés
Gardent le sentier
Avec hauteur
Et majesté.
Du lierre s’y enroule,
D’une jalouse étreinte
Étouffant les troncs,
Et atteignant les cimes,
Seules les racines
Plongent librement,
Dans le sable de grès.
Vestiges d’un heureux passé,
Des feuilles bigarrées,
Humectées
Par l’embrun et la rosée,
Tapissent mollement
Le sol foulé
Par la course de mes pieds.
J’ignore
Où ces pas me portent,
Drapé dans les ténèbres
De cette nuit sans étoiles.

Erik Vincenti Zakhia